Incendie de Crans-Montana — Soutien LAVI Passage de la phase d’aide immédiate à la phase d’aide à plus long terme
À la suite de l’incendie survenu dans le bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a causé 41 décès et fait plusieurs centaines de victimes directes ou indirectes, les centres de consultation LAVI ont été largement mobilisés pour apporter soutien et accompagnement aux personnes touchées. Après une phase d’aide immédiate étendue à trois mois en raison de l’ampleur du drame, une nouvelle étape administrative s’ouvre : le passage vers l’aide à plus long terme prévue par la loi sur l’aide aux victimes d’infraction. Cette transition implique notamment la prise en compte de la capacité financière des victimes pour déterminer le volume de prise en charge des prestations par les centres LAVI. Les victimes et leurs proches ont été informés aujourd’hui des modalités de cette transition et de la poursuite de l’accompagnement assuré par les centres LAVI.
L’incendie qui s’est déclaré dans le bar Le Constellation, à Crans-Montana (VS/Suisse), a fait à ce jour plus de 400 victimes : 41 personnes ont perdu la vie, plus d’une centaine ont subi d’importantes brûlures, et de nombreuses autres, témoins, sauveteurs, etc., ont aussi été touchées par ce drame. Toutes ont vécu un intense traumatisme psychique.
Centres LAVI mobilisés pour l’aide aux victimes
Dans ce genre d’événement, la Suisse dispose, pour soutenir les victimes, de la loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI). Pour la mettre en œuvre, chaque canton dispose au moins d’un centre de consultation LAVI. Dans chaque structure travaillent des intervenants sociaux, des juristes, des psychologues, du personnel administratif, etc. Ces centres sont financés par les cantons.
Dans le cas du drame de Crans-Montana, les victimes ont choisi leur centre de référence selon leur lieu de domicile ou le lieu d’hospitalisation de leur enfant/proche. Plusieurs centres LAVI ont été mobilisés et des ressources ont été renforcées pour offrir conseils, soutien et la plus grande disponibilité possible. Les centres ont également financé les premières prestations d’aide immédiate (hébergement, transport, soutien psychologique, aide judiciaire, etc.). Pour les personnes domiciliées à l’étranger, les centres LAVI ont aussi été des interlocuteurs privilégiés des dispositifs de coordination internationale.
Capacité financière évaluée pour l’aide à plus long terme
Aujourd’hui les victimes et les proches des personnes décédées ont été informés d’une étape importante : le passage de la phase d’« aide immédiate » à celle d’« aide à plus long terme », deux phases prévues dans la LAVI. Cette transition implique à l’avenir une évaluation de la capacité financière de la victime ou des proches. Plus cette capacité est faible, plus élevée sera la participation financière de la LAVI. Au-delà du 31 mars 2026, l’aide LAVI sera donc dégressive, et son soutien cessera complètement pour les capacités financières les plus élevées, conformément au cadre légal (art. 6 LAVI – RS 312.5 et art. 1 à 3 OAVI – RS 312.51).
Trois éléments importants sont à considérer :
- Principe de subsidiarité / La LAVI agit selon le principe de la subsidiarité. L’esprit de cette loi consiste en effet à soutenir les personnes en situation de précarité qui, par manque de moyens financiers, ne pourraient pas se rétablir, retrouver leur autonomie ou se défendre correctement. Le soutien LAVI intervient donc pour suppléer à l’absence, l’incapacité ou l’inaction d’un autre dispositif financier de première ligne (assurances accidents et maladie, assurances privées, débiteur, auteur, etc.).
Pour les victimes de Crans-Montana, l’examen de ce principe de subsidiarité a jusqu’ici été reporté. Concrètement, cela signifie que les centres LAVI ont à ce jour répondu positivement à toutes les demandes de prise en charge financière pour les victimes reconnues et les dépenses prévues dans la loi (hébergement, transports, soutien psychologique, aide juridique, etc.). Les centres LAVI vont ces prochains mois se tourner vers les autres dispositifs (assurances accidents, maladie, etc.) pour obtenir le remboursement des frais qu’ils auraient dû assumer. - Prolongation de l’aide immédiate et la prise en compte de la capacité financière des victimes / Bien que la phase d’aide immédiate soit usuellement cadrée (par ex. à 35 jours en matière d’hébergement), elle a pour les victimes de Crans-Montana été étendue à trois mois (jusqu’au 31 mars). Par ailleurs, les victimes encore hospitalisées au 31 mars 2026 bénéficieront de l’aide immédiate jusqu’à leur sortie (pour les frais d’hébergement et d’assistance psychologique). Pour les personnes rentrées chez elles ou en réadaptation, leur capacité financière sera évaluée au-delà du 31 mars pour définir l’aide accordée.
- Accompagnement administratif / Les centres LAVI vont poursuivre leur accompagnement des victimes dans les différentes démarches administratives nécessaires, tant en Suisse qu’à l’étranger. Une documentation leur a dès aujourd’hui été transmise. Celle-ci est également disponible en quatre langues (FR-DE-IT-EN) sur le site aide-aux-victimes.ch. Les victimes qui souhaiteraient des informations complémentaires peuvent se tourner vers le centre LAVI qui suit leur dossier.